Chroniques piétonnes

Prose poétique par Euksène Huo d’Huog

 

 

 

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A l’agonie du chaud dimanche, la nuit serait complète déjà, sans les effarements bleuâtres de la partie de ballon rond télévisée éclaboussant les ténèbres ou, parfois, aux  interstices, les rayant. L’habituelle promenade s’accomplit, circulaire, dans une vie qui l’est semblablement, mais sous le dispendieux éclairage public! Qui oserait égorger dans un tel luxe de réverbères?

A gauche, la ville est étendue, lumineuse au sein des puys noirs, radieuse et sordide entre les arbustes ; les feuilles craquent dans la brise desséchante. Là-haut l’amande est mûre. Les sandales régulières claquent tranquillement dans le silence fragile. L’ombre se dédouble parfois comiquement sur le macadam resté mélancolique. La crainte est légère, stimulante et familière, de l’aboiement subit dans le calme qu’un phare bientôt rompt.

Une auto rondement menée se gare, un cri est poussé, une insolence envers la nuit : « il a trempé sa nouille! » L’oreille aurait trahi? Non : « tu n’es plus puceau alors… » confirme. L’étage est éclairé, illuminé pourrait-on dire. Des jeunes gens, donc, s’amusaient bruyamment ; c’est tellement trivial. On en pleurerait ; d’autant que demain, c ‘est lundi : lundi, oui lundi.

 

4 septembre 2005

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